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ANNEXE 6 : L'incidence du développement du commerce électronique sur le rôle des pouvoirs publics en matière de droit du commerce |
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Intervention de M.Aubineau et Mme Ivanov-Durand - Decas Bureau B1- lors de la séance du 4 octobre 2000 L’Etat en France joue traditionnellement un rôle important en matière d’organisation du commerce. Ses objectifs :
But de l’analyse : recenser l’ensemble des textes relatifs au secteur du commerce, de l’artisanat et des services. Vérifier que le développement du commerce électronique ne remet pas en cause leur effectivité. L’influence d’Internet dépendra de plusieurs types d’évolution, dont certaines sont encore incertaines :
Pour procéder à ce bilan, 3 thèmes :
I – Les réglementation relatives à l'organisation spatiale du commerce risquent d'être remises en cause Certaines réglementations seront radicalement remises en cause du fait de la disparition du lieu de vente. Plusieurs législations sont fondées sur la notion de surface commerciale dont la définition s’appuie sur le fait d’accueillir le public. Or, le commerce électronique implique la substitution ou la diminution des surfaces commerciales au profit de simples entrepôts de marchandises. Plusieurs exemples :
1.1. La législation sur l’équipement commercial (loi du 27 décembre 1973). Objet : soumet à autorisation la création, l’extension, la réutilisation de surfaces de ventes supérieures à certains seuils. Effets du commerce électronique :
1.2. Réglementation relative aux
périmètres de protection des MIN Objectif : concentration spatiale des ventes de gros, pour certains produits. Effets du commerce électronique : renforcement de la tendance actuelle du développement du commerce hors MIN et hors présentation effective de la marchandise. Cette tendance devrait cependant être plus limitée en ce qui concerne les produits alimentaires, qui constituent le cœur du monopole des MIN.
1.3. La législation relative aux
horaires d’ouverture des commerces Objet : les horaires d’ouvertures des " établissements de vente au détail " sont limités dès lors qu’ils emploient des salariés. Effet du commerce électronique : dès lors qu’il n’y a plus de surface de vente, mais livraison à partir d’entrepôts, se pose la question de l’application de cette réglementation.
1.4. La réglementation des foires
et salons Objet : soumet la tenue des foires et des salons à un régime d’autorisation ou d’agrément. Effets du commerce électronique : développement de salons professionnels virtuels, en dehors de tout local physique d'exposition. On peut même imaginer le développement de salons virtuels au cours desquels les producteurs vendraient directement au grand - public, en contradiction avec la réglementation sur les ventes au déballage.
II – L’effectivité d’autres réglementations risque d’être remise en cause par l’internationalisation des échanges favorisés par le commerce électronique. En effet, la directive sur certains aspects légaux du commerce électronique, publiée le 8 juin 2000, pose le principe de l’application du droit du pays du fournisseur. En dehors des secteurs où la directive autorise les Etats à déroger à cette règle (pour des raisons d’ordre public ou de santé publique, par exemple) les entreprises implantées dans les pays disposant des législations les moins contraignantes bénéficieront d’un avantage comparatif.
2.1. La réglementation des soldes
et des liquidations de stocks
Effets du commerce électronique : cette législation n’est pas uniforme au sein des pays de l’Union européenne. En conséquence une entreprise pourra parfaitement utiliser le terme " solde " en s’installant dans un pays plus libéral.
2.2. La réglementation de certaines ventes ou de certaines professions.
La directive du 28 février 2000 pose les principes suivants:
L'articulation de ces textes crée donc de fait un marché unifié des prestations rendues par voie électronique, y compris pour les professions réglementées. Néanmoins, à court terme, seules sont concernées les prestations de service immatérielles ou les ventes de biens non périssables. En outre, les biens et les livraisons restent régis par les législations nationales. S'agissant des professions réglementées concernées, il subsiste, à ce stade, des incertitudes quand à leur liste :
III – La création des plates-formes d’achat sur Internet nécessite un examen de leur fonctionnement au regard du droit de la concurrence. 3.1. Appréciation du phénomène. Son ampleur : environ une quinzaine de plates-formes importantes dans tous les secteurs (automobile, pétrole, informatique, chimie, agro-alimentaire, distribution). Objectifs : organiser les achats de plusieurs donneurs d’ordre concurrents. Fonctionnement : mal connu dans les détails. Le principe consiste à mettre en ligne les appels d’offres auxquels répondent les fournisseurs mis en concurrence. La plate - forme est gérée par une entreprise indépendante. qui se finance en prélevant des commissions sur les transactions. 3 types de plates-formes :
3.2. Les effets demeurent incertains. 3.2.1. Effets horizontaux A priori, ceux-ci devraient être contrôlés à travers les réglementations nationales et communautaires sur les concentrations et les ententes. 3.2.2. Effets verticaux (limitation de la puissance d'achat: abus de position dominante ou de puissance économique) Ils sont plus incertains car ils dépendent des modalités pratiques de fonctionnement des plates-formes d’achats : Les avantages pour les PME :
Les principaux risques :
Les pouvoirs publics dans différents pays se sont saisis du problème :
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de l’Artisanat et des Professions libérales, 22/05/2001 |
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